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Salarié démotivé ou dans une impasse : que faire ?

Entre laisser filer et licencier, il existe d'autres issues. Ce que coûte l'attente, et comment décider avec un collaborateur dans une impasse.

2 octobre 2026  ·  Capucine

Un collaborateur décroche. Il fait le minimum, il s'isole ou il devient cynique. On en parle au détour d'un couloir, on temporise, on espère que ça passera. C'est rarement un manque de courage : on manque de temps, et on ne voit pas bien quoi proposer entre « on continue comme ça » et le licenciement.

Pourtant, plusieurs issues existent. Encore faut-il décider avant que la situation ne décide à notre place. Voici comment reconnaître une vraie impasse, ce qu'elle coûte, et ce qu'on peut faire concrètement.

Passage à vide ou impasse : comment faire la différence

Tout le monde traverse des périodes creuses. Un projet qui s'arrête, une réorganisation, un manager qui change : quelques semaines de baisse de régime n'ont rien d'alarmant. On parle d'impasse quand trois signes s'installent en même temps.

Le premier, c'est la durée. Plusieurs mois sont passés, et ni les vacances ni un nouveau dossier n'ont rien changé. Le deuxième, c'est le changement de comportement : une personne investie qui ne propose plus rien, qui se tient à l'écart des réunions ou qui critique tout. Le troisième, c'est l'absence de perspective : quand on lui demande où elle se voit dans deux ans, elle n'a pas de réponse, ou elle répond que ça ne l'intéresse plus.

La personne n'est pas forcément mauvaise dans son travail. Elle peut rester compétente, parfois même très bonne, et ne plus voir d'issue. C'est ce qui rend le sujet délicat, et ce qui pousse à attendre.

Ce que coûte de ne rien faire

Ce sujet se regarde à trois niveaux.

Pour la personne

Elle le sait souvent très bien. Elle s'ennuie ou elle stresse, elle doute d'elle, elle se protège en se repliant. Plus la situation dure, plus il devient difficile d'en sortir, et il arrive que cela se termine par un arrêt maladie.

Pour l'équipe

Les collègues compensent, puis ils se lassent. Les dossiers ralentissent, parfois pendant des mois, et une question finit par circuler : pourquoi rien ne change ? Un collaborateur démotivé pèse rarement sur sa seule performance. Le manager, lui, y passe un temps qu'il ne consacre plus au reste de l'équipe.

Pour l'entreprise

Le désengagement est loin d'être un cas isolé. Selon Gallup (moyenne sur trois ans, jusqu'en 2025), seuls 8 % des salariés français se disent engagés dans leur travail, et 20 % se disent activement désengagés.

Le coût, lui, apparaît rarement dans les comptes, car aucune ligne ne s'appelle « collaborateur en impasse ». Il existe pourtant des ordres de grandeur. L'indice de bien-être au travail de Mozart Consulting (IBET 2024) estime le coût du désengagement à 14 840 € par salarié et par an en moyenne, en hausse de 12 % sur un an. Ce chiffre reste une moyenne : il ne remplace pas le calcul pour une situation donnée, mais il permet de comparer le prix de l'attente à celui d'une décision.

Il y a aussi l'image. L'équipe observe la façon dont on traite les cas difficiles, et ça se sait, en interne comme à l'extérieur.

Que faire, concrètement : trois questions à se poser

1. D'où vient le blocage ?

Le poste, le manager, le métier ou un moment de vie : la réponse n'appelle pas la même décision. Il faut donc en parler avec la personne, directement, avant de conclure. Cet échange se prépare : un moment dédié plutôt qu'une remarque entre deux portes, des faits observés plutôt que des jugements, et une question ouverte sur ce qu'elle voit pour la suite.

Il ne faut pas s'attendre à une réponse complète dès la première fois. Un salarié dira rarement à son employeur qu'il ne se voit plus dans l'entreprise, surtout s'il craint pour sa place.

2. Une issue en interne est-elle réaliste ?

Un autre poste, une autre équipe, un autre manager, un périmètre revu. Si c'est possible, c'est souvent la meilleure option pour les deux parties : on garde une personne qui connaît la maison, et on répond à un besoin ailleurs. Il faut quand même deux conditions : que la personne sache ce qu'elle veut, et que l'entreprise ait une vraie place à proposer. Déplacer quelqu'un sans projet revient souvent à déplacer le problème.

3. Sinon, comment organiser un départ propre ?

Quand aucune issue interne n'existe, mieux vaut préparer la séparation que la subir. Trois formes reviennent le plus souvent : la démission quand la personne a trouvé un nouveau projet, la rupture conventionnelle quand les deux parties sont d'accord, et le licenciement accompagné d'un outplacement quand il n'y a pas d'autre voie.

Attention à un point : un licenciement doit reposer sur une cause réelle et sérieuse, avec des faits précis. Une baisse de motivation sans faits à l'appui est un terrain fragile, et mieux vaut en parler à votre conseil avant de décider. Une sortie préparée et accompagnée coûte en général moins cher qu'une situation qui pourrit, et elle protège tout le monde.

Où intervient l'inplacement

La difficulté, c'est que la personne n'est pas toujours en état de répondre à ces questions, et qu'elle ne dira pas tout à son employeur. C'est le rôle de l'inplacement, aussi appelé coaching mobilité : un accompagnement individuel, financé par l'entreprise et confidentiel, pour un collaborateur en poste qui se trouve dans une impasse.

Chez MPO, cela s'organise de trois façons complémentaires. Le collaborateur choisit son coach, ce qui change beaucoup la confiance qu'il lui accorde. Il avance avec une web app, à son rythme et en parallèle de son poste. Et ce qu'il dit à son coach reste entre eux : l'entreprise n'a pas accès au contenu des échanges.

Le parcours passe par cinq phases : prendre conscience de la situation, mieux se connaître, construire un projet, le faire connaître, puis trouver le poste qui y correspond, en interne ou en externe. La décision reste ouverte : rester ou partir n'est pas tranché d'avance.

Sur les inplacements que nous avons accompagnés, 55 % des personnes ont retrouvé un poste en interne, 15 % ont démissionné avec un nouveau projet et 30 % sont parties en rupture conventionnelle apaisée, alors qu'un licenciement était initialement envisagé. C'est une perspective, pas une promesse : chaque situation reste différente.

Un exemple

Nous avons accompagné une personne dont la direction souhaitait qu'elle quitte sa division. En interne ou en externe, peu lui importait. Le travail a d'abord permis d'identifier ses compétences, puis ce à quoi elle tenait : elle était très attachée à l'entreprise et la connaissait très bien. Elle a donc construit un projet sur un nouveau métier, en interne, dans une autre division, et elle l'a mis en œuvre. La direction a obtenu ce qu'elle cherchait, l'entreprise a gardé quelqu'un qui la connaît, et le licenciement a été évité.

Comment le proposer sans que ça sonne comme une porte de sortie

C'est la crainte la plus logique : « on me propose un coach, donc on veut se débarrasser de moi ». Pour l'éviter, tout se joue dans la façon de présenter les choses. On dit ce qu'on a observé, on dit que l'entreprise préfère investir plutôt que laisser la situation durer, et on précise que l'issue n'est pas écrite d'avance.

La personne doit aussi rester libre d'accepter. Un accompagnement imposé ne donne pas grand-chose : le choix du coach et la confidentialité servent justement à ce qu'elle se l'approprie. Plus la proposition arrive tôt, plus elle a de chances d'être reçue comme une aide, et non comme la dernière étape avant le départ.

Une situation de ce type dans vos équipes ? Voyez l'inplacement et, si plusieurs personnes sont concernées, notre coaching collectif en entreprise. Vous êtes vous-même dans cette situation ? Voyez le coaching mobilité professionnelle.

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